LA DOULEUR, pourquoi on a mal ?
Par définition : « c’est une expérience subjective, sensorielle, émotionnelle et désagréable qui est associée à une lésion tissulaire. » Est-ce simple ? Non! Avoir mal peut rapidement devenir une aventure compliquée, c’est pourquoi on doit chercher la cause pour guérir et malheureusement, ce n’est pas toujours comme les descriptions dans les livres ou comme sur internet…
Avant que la douleur ne soit interprétée par le cerveau, le système de la nociception permet la détection des stimuli (pression, étirement, brûlure etc) via la peau, les muscles, les articulations et les viscères, qui sont susceptibles de menacer l’intégrité de l’organisme. La circulation de l’information se fait par les nerfs et plus précisément par les neurones et leurs neuro-transmetteurs. Puis, il y a un relais à partir la moelle épinière qui, quant à elle, envoie les messages jusqu’au cerveau afin que le tout soit traité et interprété. On peut ainsi définir la douleur ressentie par sa nature, sa durée, son intensité, sa localisation et son aspect désagréable.
En consultation ostéopathique, on observe régulièrement trois types de douleurs : la douleur inflammatoire, la douleur neuropathique et la douleur nociplastique. La première étant présente comme mécanisme de protection, elle est réparatrice. On peut parler par exemple de l’entorse lombaire, d’un torticolis, d’une douleur à la mâchoire ou d’une céphalée de tension (un mal de tête). La deuxième étant pathologique, elle provient du système nerveux, le plus souvent périphérique. La hernie discale en fait partie, ce sont des atteintes au niveau des nerfs. La troisième est également pathologique et son mécanisme étant plus complexe puisque chronique, nous pouvons agir à un certain niveau seulement et ce, chez un certain type de patient uniquement. Ce sont des pathologies sans lésion apparente aux imageries médicales.
Le corps possède en lui-même des capacités extraordinaires pour moduler la douleur, c’est-à-dire pour en atténuer les effets de manière naturelle et pour préserver son homéostasie, soit son équilibre. Au niveau de la moelle épinière et lors de stimulations, un mécanisme est activé pour inhiber la douleur et au niveau du tronc cérébral, un contrôle se fait également pour provoquer une analgésie. Parfois cela n’est pas suffisant et c’est à ce moment que les traitements en ostéopathie, entre autres, peuvent jouer un rôle important dans le processus de guérison.
Des prédispositions entrent en jeu dans le phénomène de la douleur : soit par des facteurs biologiques (l’âge et les hormones sexuelles), des facteurs socio-culturels (l’ethnie) et des facteurs psychologiques (les émotions et le stress). Le sommeil a également beaucoup d’importance dans la régulation et la récupération globale du corps; les troubles qui y sont associés peuvent interagir de manière défavorable avec les épisodes douloureux. Donc avoir de bonnes habitudes de vie en général, et spécialement en ce qui a trait au sommeil, sont des choses à prendre également en considération lors de l’apparition des douleurs.
Prenez soin de vous !
Références
- Serge Marchand, « Le phénomène de la douleur », 2e édition, Chenelière éducation, 2009.
- Élora Midavaine, GDL-721 « Neurophysiologie de la douleur », Université de Sherbrooke, Faculté de la médecine et des sciences de la santé, 2024