Les émotions, le stress et la douleur
Lorsque le corps exprime de la douleur, on retrouve bien souvent des composantes autres que les déclarations physiques. Il y a le fonctionnement émotif comme l’anxiété, la détresse, le bien-être, la catastrophisation ou la kinésiophobie. Et il y la composante motivo-affective : l’aspect désagréable, l’affectif et la qualité de vie. Dans les deux cas, ils peuvent être évaluées dans la sévérité, à titre qualitatif et sur leurs impacts respectifs.
Le fonctionnement émotif est important à évaluer, surtout en contexte de douleur chronique, car il y a un impact sur les capacités fonctionnelles. Par exemple, un état dépressif et un état anxieux aura une interrelation sur la douleur de la personne. Ceci s’explique par l’apparition d’une altération de l’efficacité des mécanismes qui inhibent naturellement la douleur dans notre corps (CIDN). L’isolement social est l’un des facteurs qui influencent la douleur car les contacts sociaux sont bénéfiques tant pour la fonction mentale que pour la fonction physique. Donc plus une personne souffrira de dépression, plus sa perception de la douleur sera grande et vice et versa. Il faut aussi prendre en considération des manifestations physiques de l’anxiété car ils sont susceptibles d’être confondus avec d’autres symptômes. Finalement, les peurs exagérées reliées au mouvement et un haut niveau de dramatisation sont des prédicateurs significatifs, et au-delà de la sévérité de la douleur, de l’incapacité fonctionnelle chez une personne ayant une douleur chronique.
Nos émotions telles que l’anxiété, la colère, la peur et notre humeur influencent notre expérience de la douleur. L’anxiété a un effet négatif par anticipation du danger et ayant un rapport avec un sentiment désagréable de peur et d’inquiétude. La colère tend à faire augmenter la perception, la sensibilité et l’intensité de la douleur. La peur, au contraire, fait diminuer la douleur, augmente le seuil de tolérance à la douleur par un effet antinociceptif, tout comme la joie est en mesure de le faire.
La notion de stress est aussi une pierre angulaire en contexte de douleur. En période aigue, la libération d’enképhalines au niveau du cerveau, va agir comme un anti-douleur. En période chronique à l’inverse, cette cascade sera atténuée et aura un effet pronociceptif. Donc, une augmentation de la transmission des signaux de douleurs dans le système nerveux et une diminution du seuil de tolérance à la douleur. Le stress va également avoir un impact sur la qualité du sommeil ce qui va influencer la fluctuation de la douleur dans le quotidien, la récupération physique, la conservation de l’énergie, la stabilisation de l’humeur, l’augmentation de l’anxiété et de la dépression. En douleur chronique, la restriction de sommeil agira sur les fameux CIDN (analgésiques naturels du corps) en les atténuant, c’est pourquoi cet aspect est souvent évalué dans les habitudes de vie est évalué car il est crucial pour le rétablissement.
La chose à retenir est qu’il est primordial d’identifier, d’adresser les facteurs psycho-sociaux et de s’entourer de professionnels de la santé qui seront en mesure de vous aider guider dans votre cheminement pour briser le cercle de la douleur pour que vous puissiez retrouver une qualité de vie qui soit satisfaisante pour vous.
Sources : Micro-programme Évaluation et Gestion de la douleur, Université de Sherbrooke, 2025.